Denise Saint-Pé intervient sur le Plan d’amélioration de la performance énergétique du patrimoine des lycées
Le 29 mars 2011 dans Séances plénières • Pas de commentairesLors de la séance plénière du Conseil Régional du 28 mars 2011, Denise Saint-Pé a émis le souhait de voir se développer une politique énergétique plus largement.
« La démarche que vous nous proposez dans ce rapport, Monsieur le Président, nous semble tout à fait pertinente, à plusieurs égards et devrait trouver son pendant dans d’autres actions volontaristes de la région qu’il convient ici d’évoquer. Vous mettez parfaitement en évidence la nécessité de mener des actions visant à améliorer la performance énergétique du patrimoine constitué par les 153 lycées régionaux, ce dont nous nous réjouissons.
En effet des économies importantes liées à des travaux d’isolation mais également au comportement des utilisateurs de ces locaux peuvent effectivement être générées à court terme. Vous évoquez par ailleurs la substitution énergétique et le développement des énergies renouvelables.
J’ai bien écouté ce matin. Dans vos propos liminaires, vous nous avez redit votre désir de voir se développer les énergies renouvelables et nous partageons ce sentiment au regard de l’actualité du moment au Japon.
En tant que Présidente d’un syndicat d’énergie départemental, je suis particulièrement sensible à cette question. L’énergie nucléaire qui remplit aujourd’hui 80% de nos besoins électriques, montre ses limites techniques et force est de constater que le parc national de la centrale n’est pas partout en France au même niveau de performance. Des centrales anciennes et mal situées telles que FESSENHEIM en Alsace par exemple, ne devraient pas, selon nous, poursuivre leur activité à terme pour des raisons de rentabilité et de sécurité.
Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’un réquisitoire contre le nucléaire mais simplement de mettre en évidence la nécessité de recourir à un « mix énergétique » mieux réparti. Nous savons que si le nucléaire était abandonné dans de larges proportions, le recours aux énergies fossiles (gaz et charbon) s’accentuerait avec des risques de dégagements de CO 2 en grande augmentation et par voie de conséquence provoquant des effets dommageables pour l’environnement.
Cependant, entre le passage du tout ou rien, il y a un juste milieu qui pourrait se situer par exemple et selon toute logique à une fourniture par le nucléaire d’environ 50% des besoins électriques.
Bien entendu et c’est l’objet de mon propos, le recours aux énergies renouvelables devrait constituer l’autre partie prépondérante de nos moyens de production en électricité notamment. Sur ce point, je crois que la politique de la Région Aquitaine se doit d’être exemplaire et doit constituer un moteur de l’activité dans ce domaine.
Nous avons tous constaté que le récent moratoire sur le photovoltaïque a anéanti bon nombre de projets qui n’étaient pas tous portés par des spéculateurs loin de là et qui a mis à mal notre politique de toits bleus sur les lycées. Alors pourquoi ne pas penser à une politique d’aide du Conseil régional dans ce domaine par accompagnement technique et financier des producteurs et des professionnels de la filière. Cela me paraîtrait tout à fait correspondre à l’orientation salutaire que pourrait prendre notre action publique, à un moment où la réflexion énergétique est au cœur des préoccupations de tous.
En clair, un peu moins d’argent pour le nucléaire et un peu plus pour les énergies renouvelables, sans que l’usager ne soit le seul payeur à travers la Contribution au Service Public de l’Electricité. Voilà, à mon sens, ce qui peut être une véritable action d’impulsion.
De la même manière, vous avez évoqué ce matin le bois énergie dans votre politique énergétique régional. Cette source d’énergie, bien présente dans nos départements, doit être développée. Certains projets sur des lycées ont été engagés. Mais ces projets ne devraient-ils pas se coordonner avec les actions d’autres collectivités ou acteurs locaux – c’est-à-dire dépasser les limites du seul lycée – afin de mener des initiatives de plus grande envergure telles que la création de réseaux de chaleur bois par exemple, pour des utilisateurs publics mais également privés. Les syndicats départementaux d’énergie y sont favorables et prêts à travailler dans ce sens avec la région Aquitaine. Vous évoquez également la substitution du fuel pour le gaz.
Certes, il ne s’agit pas ici de recourir aux énergies renouvelables, mais cette solution est malgré tout une étape vers moins de production de CO2 en attendant de faire mieux.
En résumé, les régions, notre Région doit me semble t-il, montrer la voie d’une nouvelle approche de l’énergie au sens large. Les lycées constituent notre laboratoire ; peut être devrions nous aujourd’hui étendre l’expérience ?
En dehors de ces pistes de réflexion qui, nous le souhaitons Monsieur le Président, pourrait être retenues, nous voterons ce rapport. »
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