Philippe Meynard intervient sur les forêts en Aquitaine à la suite de la tempête Klaus

Le 29 mars 2011 dans Séances plénièresPas de commentaires

Lors de la séance plénière du Conseil Régional du 28 mars 2011, Philippe Meynard est intervenu sur les décisions prises à la suite de la tempête Klauss. Il dresse un constat alarmant de l’état de notre forêt et justifie l’élaboration d’un véritable plan Marshall :

« Je souhaite vous faire part de notre grande inquiétude au sujet de l’état de la forêt en Aquitaine, dans les Landes, Stéphane, mais aussi en Gironde.

Notre forêt a tout d’abord subit les vents de la tempête Klaus. C’était en janvier 2009.

Puis vous l’avez dit Monsieur Lafon, elle a connu une deuxième meurtrissure avec l’affaiblissement des arbres propice au développement de scolytes et maintenant de nématodes. Stéphane Delpeyrat vient à l’instant d’en parler. Cette situation est au moins aussi grave que le souffle du vent lui-même.

Nous vous rejoignons sur le triste constat de la lenteur des travaux de nettoyage, loin d’être terminés. Les chiffres que vous avez présentés tout à l’heure sont, en ce sens, particulièrement éloquent. Certes, ce travail est très long, le territoire est très vaste, l’ampleur de la tâche est immense, mais nous restons convaincus que nous pourrions mettre davantage d’ambition dans ce nettoyage. Le nettoyage des forêts est, vous l’avez expliqué, le préalable nécessaire à tout effort de replantation.

Sur le plan industriel, nous vous exprimons là aussi des craintes.

Les réserves de bois stockés disparaîtront dans 3 à 5 ans. Et après ? Qu’en sera-t-il ? Nous manquons là d’anticipation et nous devrions établir ensemble un grand plan jusqu’en 2020 à minima.

Nous ne pouvons que nous poser des questions. Nous avons le sentiment de subir cette crise, de colmater les brèches, mais sans véritable plan de bataille ordonné, sans véritable perspective.

Si j’ai bien suivi l’importance des chiffres, tout à l’heure, il semblerait que la replantation ne concerne, à ce jour, que quelques dizaines de milliers d’hectares. C’est particulièrement faible. Certainement plus dans les Landes qu’ailleurs mais en Sud Gironde, dans les landes girondines, nous rencontrons chaque jour des sylviculteurs qui sont en grande difficulté. Le pessimisme gagne leurs rangs un peu plus chaque jour et Monsieur Lafon, les mots que vous avez prononcés tout à l’heure, nous font prendre conscience que ça ne concerne pas que les petits sylviculteurs mais aussi ceux qui ont des étendues bien plus importantes. Les conséquences immédiates peuvent être parfois dramatiques pour plusieurs d’entre eux sur le plan financier. Plusieurs ont fait le choix de ne pas replanter. D’autres espèrent une urbanisation. Mais vous savez bien que là où pousse une maison, elle est là pour toujours et plus jamais un arbre ne repoussera à sa place.

Notre forêt est donc massacrée de façon durable. On a le sentiment, à vous écouter, que personne n’a véritablement été à la hauteur de cette crise. Les chiffres que vous nous avez communiqués sont criants.

Alain Lamassoure a très bien expliqué l’implication de l’Europe sur ces dossiers et la complexité des choses. L’Etat a, semble-t-il, pris de très nombreux engagements qu’il devient urgent de respecter, et nous, Monsieur le Président, nous qui vivons ici, nous devons, semble-t-il, aller beaucoup plus loin. Monsieur Lafon a rappelé les efforts importants, pour ne pas dire cruciaux que la Région a engagé, au niveau des investissements techniques, et des capacités de stockage. Nous le voyons sur la RN10 lorsque nous traversons les Landes. Une chose est certaine, c’est que le massif forestier est un des poumons de notre région, et la replantation est une urgence absolue, vous l’avez très bien détaillé tout à l’heure.

Il nous reste à tous à prendre les mesures responsables pour préserver l’environnement, le développement économique de ces territoires, la survie même de ces territoires, parce que ces accompagnements sont cohérents par rapport aux engagements énergétiques considérables qui nous attendent.

Vous avez rappelé, Monsieur le Président, tout à l’heure, que les décisions prises aujourd’hui n’auront, hélas, des conséquences que dans plusieurs décennies et face aux enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés – c’est pas le débat mais c’est presque le débat – lorsqu’on se rend compte des dangers de certaines énergies aujourd’hui, il nous faut penser à ce que sera demain.

A juste titre Monsieur le Président vous avez parlé de ces conséquences. Au-delà des conséquences immédiates, je crois que le temps est venu, non pas de se satisfaire des petits efforts que les uns, les autres nous avons pu engager – ça ne vous est pas destiné Monsieur le Président – mais on se rend bien compte au final que ce ne sont que quelques gouttes d’eau par rapport à l’immensité de la tâche . Il nous semble important aujourd’hui qu’un véritable plan Marshall pour la forêt soit engagé. Un plan Marshall dans lequel la Région Aquitaine aurait toute sa place eu égard à ses propres responsabilités d’aménagement du territoire dans les Landes et dans le sud du département de la Gironde. »

 

Retrouvez cette intervention en vidéo :


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